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Le bonheur a parfois une drôle de façon de nous mordre les doigts

  • Photo du rédacteur: Jean-Christian Lortie
    Jean-Christian Lortie
  • il y a 9 heures
  • 2 min de lecture

Il y a des jours où je cherche le bonheur dans de grandes choses. J’imagine qu’il se trouvera dans un projet réussi, un voyage, une bonne nouvelle ou un moment parfaitement organisé. Puis, sans prévenir, il apparaît ailleurs : dans un fou rire, une rencontre imprévue, un animal qui me fait sourire ou une situation un peu ridicule qui n’avait absolument rien de spécial au départ. C’est souvent à ce moment-là que je réalise à quel point le bonheur se présente rarement exactement comme je l’avais prévu.


Cette idée me plaît parce qu’elle remet les choses en perspective. Je peux passer beaucoup de temps à préparer ma vie, à vouloir que certaines conditions soient réunies avant de me sentir bien, tout en oubliant que les moments les plus vivants sont souvent ceux qui échappent au programme. Le bonheur n’est pas toujours spectaculaire. Il peut même être maladroit, bruyant, inattendu… et parfois, comme sur cette photo, il peut littéralement me mordre les doigts.


Le bonheur n’attend pas que tout soit parfait


Je remarque facilement ce qui manque. Une journée pourrait être plus calme, une situation pourrait mieux se dérouler, un projet pourrait avancer plus vite. Mon esprit sait très bien identifier ce qui devrait être différent. Pourtant, si j’attends que tout soit enfin à ma convenance pour profiter de la vie, je risque de passer à côté d’une quantité incroyable de petits moments qui sont déjà là.


Cela ne signifie pas que je dois me satisfaire de tout ou arrêter de vouloir améliorer certaines choses. Il s’agit plutôt de ne pas conditionner ma capacité à ressentir du bonheur à une version idéale de ma vie. Je peux avoir des préoccupations et rire sincèrement quelques minutes plus tard. Je peux traverser une période exigeante et malgré tout apprécier un café, une promenade, une conversation ou une scène complètement absurde.


Ce qui compte n’est pas toujours utile


Nous avons appris à valoriser ce qui produit quelque chose. Le travail doit avancer, les activités doivent avoir un objectif et même nos moments libres finissent parfois par devenir des occasions d’être efficaces. Pourtant, certains instants n’ont aucune utilité particulière. Ils ne font pas avancer un dossier, ne règlent aucun problème et ne changent pas le cours de notre existence.


Et pourtant, ils la rendent plus belle.


Un moment de jeu, un rire inattendu ou quelques minutes passées à ne rien faire d’important peuvent devenir exactement ce dont j’avais besoin sans le savoir. Peut-être que le bonheur est aussi cela : accepter que certaines choses aient de la valeur simplement parce qu’elles me font sentir vivant.


Être disponible à ce qui arrive


Je ne peux pas provoquer tous les beaux moments, mais je peux essayer d’être suffisamment présent pour les reconnaître lorsqu’ils passent. Lorsque mon attention est constamment ailleurs, préoccupée par ce qui vient ensuite, je peux facilement manquer ce qui se trouve devant moi.

Alors j’essaie de me rappeler que le bonheur ne ressemble pas toujours à ce que j’avais imaginé. Il peut être calme ou complètement désordonné. Il peut durer une heure ou quelques secondes. Et il ne demande pas toujours une grande raison.

Parfois, il suffit simplement de laisser la vie me surprendre.

Et, de temps en temps, de lui permettre de me mordre les doigts.

Petit chien jouant avec une main, illustrant avec humour que le bonheur peut surgir dans les moments les plus simples et imprévus.

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