Nous ne sommes peut-être pas faits pour durer, mais pour fleurir pleinement pendant le temps qui nous est donné.
Il suffit parfois de regarder une fleur pour me rappeler quelque chose que j’oublie facilement : tout ce qui est vivant traverse des saisons. Il y a le moment où elle apparaît, celui où elle grandit, celui où elle s’ouvre pleinement, puis celui où elle commence doucement à se transformer. Je peux trouver cela triste, mais je peux aussi y voir une vérité très simple : la valeur d’une chose ne dépend pas nécessairement de sa durée. Une fleur n’a pas besoin de rester ouverte toute l’année pour avoir été belle. Et peut-être que moi non plus, je n’ai pas besoin de durer éternellement pour que ma vie ait du sens.
La mort me dérange probablement parce qu’elle me rappelle que mon temps n’est pas illimité. J’aime croire que j’aurai toujours une autre occasion de dire ce que je ressens, de revoir quelqu’un que j’aime, de commencer un projet ou de faire ce que je repousse depuis longtemps. Pourtant, la vie ne me garantit rien de tout cela. Cette réalité peut être inquiétante, mais elle peut aussi remettre certaines choses à leur juste place.
Fleurir pleinement ne signifie pas vivre plus vite
Lorsque je pense à fleurir pleinement, je ne pense pas à remplir chaque minute ni à transformer ma vie en course contre la montre. Ce serait simplement remplacer une peur par une autre. Il s’agit plutôt, pour moi, d’être davantage présent à ce que je vis pendant que je le vis.
Prendre le temps d’écouter réellement quelqu’un. Dire merci lorsqu’il est encore temps de le dire. Dire je t’aime sans attendre une occasion particulière. Marcher dehors simplement parce qu’il fait beau. M’arrêter quelques secondes devant quelque chose qui me touche au lieu de passer immédiatement à la prochaine chose.
Je réalise que les moments qui donnent le plus de valeur à ma vie ne ressemblent pas toujours aux grandes expériences que j’avais imaginées. Ils sont souvent beaucoup plus ordinaires : un repas partagé, un rire, une conversation, un silence confortable, une promenade ou la présence d’un être que j’aime. C’est peut-être justement parce que ces moments ne sont pas éternels qu’ils deviennent si précieux.
La fin peut donner davantage de valeur au présent
Je ne crois pas qu’il faille penser constamment à la mort pour apprécier la vie. Mais l’oublier complètement peut me faire agir comme si tout pouvait toujours attendre. Lorsque je me rappelle que certaines personnes ne seront pas toujours là, que mon propre corps changera et que certaines occasions ne se représenteront peut-être pas, je deviens plus attentif à la façon dont je dépense mon temps.
Cela ne m’invite pas à vivre dans l’urgence. Au contraire, cela m’invite à ralentir suffisamment pour reconnaître ce qui mérite réellement mon attention.
Peut-être que la bonne question n’est donc pas : « Combien de temps me reste-t-il? » Personne ne connaît vraiment la réponse. La question qui m’aide davantage est : « Qu’est-ce que je fais du temps que j’ai aujourd’hui? »
Je peux passer une partie de ma vie à essayer d’oublier qu’elle aura une fin, ou je peux accepter que l’impermanence fait partie de ce qui lui donne sa valeur.
Alors, lorsque je regarde une fleur qui commence à faner, j’essaie de ne pas seulement voir ce qui disparaît. Je me rappelle aussi qu’elle a fleuri, qu’elle a existé pleinement pendant un moment et qu’elle a laissé quelque chose derrière elle.
Et peut-être que c’est finalement tout ce que la vie me demande : non pas de durer, mais de fleurir pleinement pendant le temps qui m’est donné.





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